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Vendée : Un lycée nature en structure bois et isolation paille

Pour l’heure, le chantier du futur lycée d’Aizenay (Vendée) ne diffère en rien de tant d’autres. Cet été, GTP, basé à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, a commencé le terrassement sur une par-celle de 2,4 ha au nord-ouest de la ville, et l’agence nantaise de GCC s’apprête à couler les premiers mètres cubes de béton du gros œuvre.


Pourtant, cet établissement qui accueillera 620 élèves à la ren-trée 2022 sera unique dans la région. En effet, ce 2 septembre, pour marquer le lancement de cette opération de plus de 32 millions d’euros TTC (dont 24 millions d’euros HT de travaux), la présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, n’a pas posé de traditionnelle première pierre... mais une botte de paille. « Notre cahier des charges exigeait des objectifs environnementaux forts :


niveau 3 du label bâtiment biosourcé, niveau de performance Effinergie E3-C1 et certification HQE Bâtiment durable. L’agence lauréate CRR Architecture nous a convaincus de l’intérêt d’une isolation en paille, et nous avons été bien accompagnés par le Collectif Paille Armoricain », raconte Pascal Dublaneau, chef de projet au conseil régional.


Un des plus grands projets en Europe. Depuis plusieurs années, CRR Architecture, basée à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), expérimente les matériaux biosourcés pour des bâtiments publics. « L’ossature bois présente de réels intérêts qui nous ont conduits à généraliser son usage pour tous nos bâti-ments d’enseignement », explique Jean-Pierre Rambourdin, architecte associé. Depuis peu, l’agence va plus loin en ayant re-cours à de l’isolation en paille comme pour le collège « Les Sept Iles » à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), actuellement en chantier, ou le nouveau lycée de Clermont-Ferrand. Celui-ci comptera, avec Aizenay, parmi les plus importants bâtiments d’Europe utilisant ce procédé.


Matériau naturel, la paille présente de nombreux atouts en termes d’isolation acoustique et thermique, notamment l’été avec un déphasage de seize heures, contre six pour la laine de verre. Le projet a été facilement validé par le bureau de contrôle et les pompiers. Les seuls points sensibles restent le coût, légèrement supérieur aux techniques traditionnelles, et l’approvisionnement. « Ce n’est certes pas la solution la plus économe, mais c’est le rôle des maîtres d’ouvrage publics que d’encourager cette méthode afin de faire baisser les coûts, défend Pascal Dublaneau. Quant à la question de l’approvisionnement, nous l’avons réglée en travaillant en amont avec la chambre d’agri-culture et en lançant un appel d’offres spécifique pour la fourniture »


Conception bioclimatique. Une grande partie du chantier sera réalisée en filière sèche avec une structure en charpente bois et des planchers intermédiaires de type CLT. Non porteurs, les murs des façades seront réalisés en ossature bois remplis de paille dans l’atelier de l’entreprise LCA, à La Boissière-de-Montaigu (Vendée). Enfin, des noyaux bétons et les cages d’escalier assureront le contreventement du bâtiment. Cette solution, couplée à une implantation selon un axe est-ouest, permettra au futur lycée d’atteindre un excellent niveau de performance énergétique : CEP de 28,1 kWhep/m2.an et coefficient Bbio de 28,4 points. « Cette orientation optimum est le fruit d’une conception bioclimatique, mais aussi d’une volonté de conserver une mare située sur le ter-rain », explique Jean-Pierre Rambourdin. Valorisée par un amé-nagement paysagé inspiré du bocage vendéen, cette mare, qui fait le lien entre le lycée et son gymnase, viendra rappeler toute l’importance de la nature dans ce projet.


➥Maîtrise d’ouvrage :Région des Pays de la Loire.Maîtrise d’œuvre :CRR Architecture (mandataire). BET : CRR Ingénierie (HQE), Egis Bâtiments Centre Ouest (technique), Salto (acoustique), Bois-Paille Ingénierie (paille).Principales entreprises : GCC (gros œuvre), LCA, Fournier et Rousseau (ossature, structure et bardage bois). Surface : 12 600 m2 SP.Coût des travaux :24 millions d’euros HT.Livraison :été 2022.


Une filière paille s’organise localement


Lauréat de l’appel d’offres lancé par la région Pays de la Loire pour la fourniture et le stockage des bottes de paille du futur lycée d’Aizenay, Profibres veut bâtir des ponts entre le monde agricole et celui de la construction. Par une approche industrielle, la société basée à Challans (Vendée) s’est donné comme objectif de sécuriser l’approvisionnement en bottes de paille de construction. « Nous constituons une filière industrielle », explique Pierre Denis, cofondateur de Profibres en octobre 2019 avec Déwi Le Béguec. A l’image du marché de 14 000 bottes du lycée d’Aizenay, fournies par neuf agriculteurs du bourg, Profibres œuvre à la création d’un réseau de petites unités de production, d’abord dans le Grand Ouest, puis à l’échelle nationale. La société achète la matière première sous forme de balles rondes qu’elle dépoussière et transforme en petites bottes de différents formats afin de pouvoir vendre, tout au long de l’année, un isolant local et biosourcé au prix de la laine de verre, soit 15 euros/m2.



Source : Le Moniteur

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