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Aizenay : Des bottes de paille pour isoler le futur lycée

Mis à jour : 3 déc. 2020

Chez Profibres, on utilise la paille pour isoler les constructions. Pierre Denis et Déwi Le Béguec, les créateurs, ont remporté l'appel d'offres des travaux du lycée d'Aizenay.



Jeudi 16 juillet, dernier jour de collecte de paille dans plusieurs champs d’Aizenay. Pierre Denis et Déwi Le Béguec ont le sourire aux lèvres qu’ils partagent avec une poignée d’agriculteurs locaux et la municipalité. Leur entreprise Profibres, lauréate de l’appel d’offres de la Région, a en effet obtenu le marché de l’isolation du futur lycée agésinate. Et les dernières bottes de paille qui vont servir au projet sont ficelées.


Pour cette nouvelle enseigne, « ça commence plutôt bien » sourit Pierre Denis.

« Nous venons coup sur coup d’être choisis pour un logement collectif sur Nantes, le conservatoire botanique de Brest et donc le lycée d’Aizenay. »

Trois grands marchés qui n’ont d’égal que l’ambition du duo, qui souhaite rapidement « développer des petites unités de production à l’échelle nationale. » En clair des partenariats avec des agriculteurs des quatre coins de France pour faire pousser sur place ce qui servira à isoler les bâtiments de demain.


Des petites bottes livrées toute l’année La méthode de fonctionnement est très simple. Pierre Denis : « On fournit l’isolant paille pour qu’il devienne industriel. On achète un roundballer et on le transforme en petites bottes, pour pouvoir livrer toute l’année. Ici, pour le lycée, nous avons de la paille de blé. 4 500 m2 de surface de paille demandés. Ce qui représente 1 660 m3. C’est la Région qui l’achète. Plutôt que d’importer de la paille d’Ukraine, nous avons entrepris une démarche avec les agriculteurs locaux, la Fnsea et la Chambre d’agriculture. Comme ça, tout est dans la commune. » Le champ de Puyfraud fait partie de la quinzaine de parcelles nécessaires, allant chacune de quatre à douze hectares.


« Elle est vendue au prix de la laine de verre, 15 € le mètre carré. Elle est sans additif et nécessite peu de dépenses énergétiques à part le gasoil pour la fabriquer. C’est un isolant pour l’hiver avec une inertie thermique pour l’été, qui retient la chaleur seize heures contre six pour la laine de verre. »


Pour Profibres, la paille est sans aucun doute « l’isolant du futur. »

Notamment parce qu’elle dure dans le temps, comme le prouve le plus ancien bâtiment d’Europe construit en ossature bois et isolation paille. « La maison Feuillette, à Orléans, a été construite il y a cent ans ! Il n’y a pas de date de péremption pour la paille, si elle est sèche. La silice qu’elle contient la conserve. On peut la mettre directement dans l’ossature bois. » Toucher le Sud Vendée Après le lycée, Profibres espère s’étendre dans le Sud Vendée et en Anjou. Dans le Nord-Ouest, un agriculteur de Falleron lui fournit déjà de la matière première. Le contact est bien passé à Aizenay et laisse espérer une entente sur le long terme.


Les plus récalcitrants à l’image de l’exploitant François Perrin s’y sont mis, « à condition que l’isolation ne remplace pas l’élevage » et parce qu’il voulait montrer « une participation symbolique pour entretenir l’image des agriculteurs dans le bon sens. »


Ce qu’il faut savoir sur les bottes de paille Profibres Leur poids. Chaque botte pèse quinze kilos. « C’est pour être plus facilement manuportable » précise Pierre Denis, de Profibres. Leur épaisseur. « Une botte mesure 80 centimètres de long et 36-46 d’épaisseur. » Ce qui permet de les encastrer dans le sens de la photographie dans les murs en ossature bois du bâtiment scolaire. Leur nombre. « 14 000 bottes de paille sont prévues » comptabilise Pierre Denis. « Pour les relier, il faut cinq mètres de ficelle par botte, donc soixante kilomètres de ficelle en tout. »


La machine qui les lie : un engin commandé par l’entreprise Ouvard, d’Aizenay. Elle vient spécialement d’Espagne pour donner les bonnes cotes à chaque botte de paille. Un appareil unique amené à se développer en fonction des marchés à venir.


Rédaction : Emmanuel Nicoleau

Source : Le journal du pays Yonnais

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